IdeasEssai
La diaspora n’est pas un décor
On lui demande de raconter ses origines à chaque interview. Elle voudrait qu'on parle de son travail. Sur l'assignation à l'identité dans les milieux culturels.
Nadia K.
SoundPortrait
Ils programment des salles de cent personnes, ne vivent pas de la musique et tiennent la scène électronique parisienne à bout de bras. Trois nuits avec les collectifs qui refusent de choisir entre l'exigence et la fête.
Marilyse1 min
Il est six heures du matin et personne ne regarde l'heure. C'est peut-être la seule définition utile d'une bonne soirée.
Aucun des collectifs rencontrés ne vit de la musique. Ils sont graphistes, infirmiers, étudiants en droit. La billetterie paie la salle, la salle paie l'ingénieur son, et ce qui reste part dans le prochain événement. Personne ne s'en plaint, mais personne ne s'en cache non plus.
On ne construit pas une scène avec des budgets. On la construit avec des gens qui reviennent.
Chaque salle qui ferme déplace une communauté. Depuis trois ans, cette communauté-là s'est répartie dans des lieux qui n'étaient pas prévus pour elle : friches, sous-sols associatifs, péniches. La contrainte a produit une esthétique, et l'esthétique a produit un public.
Faut-il grossir ? Tous répondent non, et tous préparent une date plus grande. C'est la contradiction ordinaire des scènes qui marchent.
La galerie