PeopleInterview

Trois heures dans l’atelier de Sablé Diop

Elle coud depuis ses quatorze ans, expose depuis ses vingt-trois, et refuse toujours de parler de « mode africaine ». Rencontre dans son atelier du 19e.

Marilyse1 min

L'atelier fait vingt mètres carrés et contient quatre machines, deux mannequins et environ six cents chutes de tissu classées par couleur.

Sur les débuts

Vous avez appris seule ?

Avec ma mère, puis contre elle. Elle voulait des finitions parfaites, je voulais aller vite. Il m'a fallu dix ans pour comprendre qu'elle avait raison.

Pourquoi refuser l'étiquette « mode africaine » ?

Parce qu'on ne dit jamais « mode européenne ». On dit une maison, un créateur, une saison. L'étiquette réduit un continent à un motif.

Quand on me demande d'où viennent mes tissus, je réponds : d'un grossiste à Château Rouge. Ça déçoit beaucoup de monde.

Sur la suite

Une collection cette année ?

Six pièces, pas plus. Je préfère six pièces que je peux défendre à trente que je subis.

La galerie

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